LE OFF – Avenue Jehan de Beauce 28000 Chartres
Représentations du 26 septembre au 18 octobre 2026
Renseignements : 02 37 33 02 10 – theatre-en-pieces@wanadoo.fr
L’Université de Rebibbia est le récit du séjour que fit Goliarda Sapienza dans une prison romaine en 1980. Moment critique dans la vie de l’auteur. C’est une femme moralement épuisée qui intègre l’univers carcéral de Rebibbia, la plus grande prison de femmes du pays. Pour un vol de bijoux qu’il est difficile d’interpréter : aveu de dénuement ? Acte de désespoir ? N’importe. Comme un pied de nez fait au destin, Goliarda va transformer cette expérience de l’enfermement en un moment de liberté, une leçon de vie. Elle, l’intellectuelle, la femme mûre, redécouvre en prison – auprès de prostituées, de voleuses, de junkies et de jeunes révolutionnaires – ce qui l’a guidée et sauvée toute sa vie durant : le désir éperdu du monde. L’Université de Rebibbia est un nouveau tour de force dans l’oeuvre d’une femme au parcours décidément hors-norme. Il fut immédiatement perçu comme un texte important en Italie. Publié par la prestigieuse maison d’édition Rizzoli, le livre fut accueilli avec enthousiasme par la critique et le public. On découvrait avec étonnement une écrivaine déjà âgée, partageant avec drôlerie et férocité son expérience d’une prison qui, pour reprendre ses mots, « a toujours été et sera toujours la fièvre qui révèle la maladie du corps social ». Ironie de l’histoire, L’Université de Rebibbia deviendra ainsi le premier succès de Goliarda Sapienza. Et son dernier. Malgré les bonnes ventes du livre, Rizzoli maintint son refus de publier L’Art de la joie, condamnant encore pour plusieurs années ce chef d’oeuvre de la littérature italienne.
Note de mise en scène
Mettre en scène L’Université de Rebibbia de Goliarda Sapienza, c’est faire entendre un texte qui naît derrière les murs d’une prison mais rayonne d’une vitalité singulière. Sapienza raconte son incarcération de 1980, et à travers elle, surgit une réflexion universelle sur la liberté, la dignité et la puissance du lien humain.
La mise en scène choisit l’épure et la polyphonie. Le plateau nu, entouré du public sur trois côtés, devient un espace de tension et de partage. Pas de décor réaliste : seulement quelques objets symboliques, la lumière et la force des voix. Les comédiennes incarnent Goliarda et les détenues de Rebibbia, dans un jeu choral où les paroles circulent, se brisent ou se prolongent. Un Coryphée, témoin extérieur, offre un contrepoint distancié.
La scénographie s’appuie sur les contrastes d’ombre et de lumière, de silence et de bruit. Dans cet espace dépouillé, le texte de Sapienza déploie toute sa richesse : poésie fragile, brutalité crue, éclats d’humour et de solidarité. La musique et le son, rares et précis, ajoutent des respirations intérieures.
À travers cette création, présentée au Off de Chartres 2026 puis en tournée, nous voulons offrir au public un témoignage vivant et contemporain. Rebibbia devient une université paradoxale : un lieu d’enfermement où l’on apprend à regarder l’autre, et à reconnaître, dans les voix des marginales et des oubliées, une leçon universelle d’humanité.
Production : Théâtre en Pièces / Co-production : Théâtre de Chartres et l’Atelier à Spectacle de Vernouillet – scène conventionnée « Art en Territoires » / Soutien : Théâtre d’Auxerre – scène conventionnée « Art en Territoires », Théâtre Olympia CDN de Tours, Ligue de l’Enseignement 28, Centre de détention de Châteaudun et le Tribunal de Grande Instance de Chartres.
La compagnie du Théâtre en Pièces est conventionnée par la ville de Chartres, par le conseil départemental d’Eure-et-Loir.