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Avec Caligula, il ne s’agissait pas de mettre en scène un tyran sanguinaire, mais de rencontrer un homme en quête de l’impossible. Après la mort de Drusilla, Caligula découvre brutalement que les hommes meurent et qu’ils ne sont pas heureux. Le monde tel qu’il est ne lui suffit plus. Il veut la lune, le bonheur, l’immortalité.
Caligula est aussi l’enfant qui refuse de grandir, celui dont le rêve se heurte à la société, aux normes, au calcul politique et au mensonge. Sa violence naît de cette fracture. Plutôt que de se soumettre au système, il décide d’en pousser la logique jusqu’à l’absurde et devient le révélateur des perversions de ceux qui l’entourent. Dès lors, la responsabilité devient collective : le tyran est-il seul responsable ou le système contribue-t-il à le fabriquer ?
Face à lui, le chœur des sénateurs constitue le corps politique. Dans un espace dépouillé, un immense monolithe métallique suspendu domine le plateau : table, couperet, miroir, lune inaccessible. Lumière, voix transformées, matières électroniques et piano dessinent un univers où le groupe affronte l’individu et où la parole de Camus demeure au centre.
Caligula sait pourtant que sa quête le conduira à la mort. Il organise lui-même sa disparition et se retrouve finalement face au miroir.
Ce miroir est aussi le nôtre.
Caligula interroge cette part d’absolu que chacun porte en soi : le désir de l’impossible, le refus de la limite et la difficulté de consentir à devenir un homme.