Rens. : 02 37 33 02 10 – theatre-en-pieces@wanadoo.fr
Avec Peau d’Âne, le conte devient le lieu d’une confrontation intime et violente : celle d’un père qui ne peut accepter de perdre sa fille et d’une jeune femme qui doit s’arracher à lui pour devenir elle-même. Derrière l’interdit de l’inceste se dessine une autre question : comment aimer sans posséder ? comment laisser partir celui ou celle que l’on voudrait garder ?
Le père refuse de vieillir, refuse symboliquement de mourir. La fille, elle, doit quitter l’enfance et traverser l’errance pour faire naître son propre désir. Entre eux demeure la mère, morte mais présente sur le plateau : une ombre qui regarde, accompagne et rappelle combien les absents continuent d’agir sur les vivants.
La mise en scène fait se côtoyer le tragique et la farce, dans un univers où les personnages prennent une dimension presque shakespearienne. Autour d’une table de noces, la troupe devient aussi chœur : parents, vivants, morts, passé et avenir semblent réunis pour assister à une naissance, celle d’une jeune femme à elle-même.
Dans un espace épuré, lumière, musique, silence et couleur construisent le merveilleux. Le Bleu appartient à la nuit et au désir caché, l’Orange au jour et à l’avenir. Les costumes lumineux et les robes en fibres optiques prolongent l’univers du conte tout en faisant dialoguer les époques.
Peau d’Âne raconte ainsi une séparation nécessaire : pour qu’un être puisse naître à son propre désir, un autre doit accepter de le perdre.